Avec cet Opus 112, œuvre tardive et peu connue de Robert Schumann, Eliane Lavail et son Ensemble Vocal d’Aquitaine, accompagnés au piano par la très talentueuse France Desneulin, nous emportent aux sources du romantisme. Cette œuvre, composée initialement pour piano –et créée par Clara Schumann- avant la version orchestrale, est la sœur d’un autre projet, qui n’a jamais vu le jour, celui d’un oratorio consacré à Luther. Sa particularité est d’être une rencontre entre l’oratorio, le lied et l’opéra. L’histoire naïve, issue d’un conte de fées composé par le poète Moritz Horn, est transformée par la musique en une allégorie, à la manière des Scènes de Faust. Ce côté « féérique » ne l’empêche pas d’aborder un thème d’une brûlante actualité, celui de l’accueil de l’autre, étranger, différent, sans papiers…